Mémoire source : P.IV – Journal de voyage Inde

©Photos BC. Hampi-Ancient ruins of a temple part of the Vijayanagara Empire-Karnataka-India.

Inde – Hampi

Journal de Voyage

HAMPI PIERRES, RIVIERE ET RUINES

Carnet de lieu – Fragment .IV

Je n’avais pas prévu d’aller à Hampi. Là où les pierres soutiennent le ciel.

J’étais à Arambol dans la région de Goa, lorsque l’envie m’est venue de partir à la découverte d’autre chose.

Quelqu’un m’avait parlé d’une ville paisible, parsemée de pierres anciennes et cela avait suffi.

J’ai pris un bus de nuit, enveloppée dans mon sac de couchage d’été, à l’étage des couchettes du véhicule, derrière un rideau.

Le trajet en lui-même avait quelque chose d’irréel, comme entrer dans un rêve, isolée du monde, bercée par la route vers l’inconnu.

Au matin, je me suis réveillée dans un autre monde. Hampi, elle était bien réelle, mais semblait venir d’un imaginaire.

La lumière était douce, l’horizon découpé de pierres géantes empilées comme des énigmes,

certaines posées comme par une main géante invisible.

J’ai choisi une chambre sur la rive calme de la rivière. La chambre était très grande, rudimentaire et paisible.

La famille qui tenait la maison préparait les repas dans une cuisine ouverte.

Chaque matin, je prenais mon petit-déjeuner en regardant les rochers au loin, la rivière qui coulait lentement et le soleil qui se levait en silence.

À Hampi, tout avançait doucement : l’eau, les gens, le temps.

Certains voyageurs semblaient y être restés pour toujours, fondus dans le silence du lieu.

Au marché, les artisans présentaient leurs créations, des tissus teints, objets sculptés, des objets d’usage quotidien.

Les couleurs vibraient. L’air sentait l’encens, la poussière, le soleil.

Après quelques jours à adopter le rythme lent du lieu, on m’a parlé des ruines des temples,

disséminées au loin de la rivière dans le paysage comme des fragments de mémoire.

J’ai loué un vélo, et avec un autre voyageur, nous avons passé la journée à explorer.

Nous avons pédalé des heures sous le ciel ouvert, d’un temple à l’autre, chacun portait une atmosphère singulière, une mémoire propre.

Nous avons rencontré d’autres cyclistes explorateurs et, par moments, des personnes qui semblaient surgir de nulle part sur les petits chemins qui traversaient les ruines.

L’architecture nous parlait d’un temps lointain, exposé à la lumière et au vent.

Nous parlions peu. Nous avancions dans un respect silencieux. Une journée mémorable au milieu de paysages incroyables.

Ce soir-là, la famille m’a proposé de m’emmener sur un mont qui dominait la région, offrant une vue panoramique sur l’ensemble de Hampi.

Nous avons grimpé, et tout s’est ouvert.

En contrebas : des blocs immenses en équilibre, suspendus les uns sur les autres, comme si un géant les avait déplacés et posés là pour toujours.

Le soleil couchant baignait tout dans des teintes d’or et de rose. Le silence avait une pureté rare, comme si le ciel et la terre retenaient leur souffle.

Le paysage, l’air, les couleurs, tout semblait irréel. Et pourtant, c’était vrai. Je me souviens du sentiment d’être minuscule, présente, émerveillée.

©Photos BC. Hampi- Autour de la rivière -Karnataka-India.